Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 16:48
- Publié dans : Histoire - Communauté : Jeu de Dames
LE JEU A LA COUR DE NAPOLEON 
 
Napoléon n'aimait pas le jeu, dit l'auteur des Mémoires de Dour- 
rienne, « et c'était fort heureux pour les personnes invitées à ses 
cercles, car lorsqu'il était à une table de jeu, comme il se croyait 
quelquefois obligé de le faire, rien n'était plus ennuyeux que le salon 
soit du Luxembourg-, soit des Tuileries ». (T. III, p.. i2:29.) 
 
Dans l' intimité, l'Empereur éprouvait parfois un certain plaisir à 
tricher, mais les enjeux étaient peu élevés et, en se levant de table, il 
rendait l'argent gagné. 
 
Consultons M'"*^ de Rémusat: « Le jeu à la cour de l'Empereur, écrit- 
elle dans ses Mémoires, entrait seulement dans le cérémonial. Il ne 
voulut jamais qu'on jouât d'argent chez lui ; on faisait des parties de 
whist et de loto ; on se mettait à une table pour avoir une contenance 
mais le plus souvent on tenait les cartes sans les regarder et on cau- 
sait. » 
 
 
L'impératrice Joséphine aimait à jouer même sans argent et faisait 
réellement un whist. Sa partie, ainsi que celle des princesses, était 
établie dans le salon qu'on appelait le Cabinet de l'Empereur et qui 
précède la galerie de Diane. 
 
Elle jouait aussi avec les plus grands personnages qui se trouvaient 
dans le cercle étranger, ambassadeurs ou français. Les deux dames 
  
70 LISTE DES FOURNISSEURS DE NAPOLEON  
 
(lo seniaint> «lu jialais clcmeurnient assises derrière elle, un cliam- 
bellan près de son fauteuil. Tandis qu'elle jouait, toutes les per- 
sonnes qui remplissaient les salons venaient les unes après les autres 
lui faire une la révérence. 
 
Les sœurs et les frères de Bonaparte jouaient et faisaient inviter à 
leurs parties par leurs chambellans; de même sa mère, qu'on appela 
Madame Mère, qu'on fît princesse et à qui on donna une maison. 
 
Tout le reste de la cour jouait dans les autres salons. l/Empereur 
se promenait partout, parlait à droite et à gauche préce'dé de quel- 
ques chambellans. 
 
Dans les premiers temps de son exil à Sainte-IIe'lène, Napoléon 
consacrait au reversi une partie de ses soirées. C'était, disait-il, le jeu 
de sa jeunesse. « Il pensait, écrit M. de Las Cases, qu'il pouvait s'en 
amuser longtemps ; il ne tarda pas à se détromper; du reste, nous le 
jouions avec toutes ses variantes, ce qui amenait beaucoup de mouve- 
ment; j'ai vu jusqu'à lo ou 18,000 fiches de remises. J^'Empereur 
essayait presque à chaque coup de faire le reversi, c'est-à-dire de faire 
toutes les levées ; ce qui est assez difficile, et cela lui réussissait néan- 
moins souvent : le caractère perce toujours et partout. On se retirait 
do dix à onze heures. » [Mémorial de Sainte-Hélène.) 
 
  
En 1811, Dklatrr, cartier, Au Roi Salomon, livre pour l'Empe- 
reur : cent sixains de cartes entières, vélin, bOO fr. — Cinquante 
sixains de cartes de piquet, vélin, 150 fr. 
 
IJADin', successeur de Delàlre, fabricant de cartes, rue Helvétius, 
fait la même année, une fourniture semblable : cent sixains, cartes 
enlières, vélin, oOO fr. — Cinquante sixains, cartes de piquet, vélin, 
180 fr. — Les jeux de piquet avaient subi une légère augmentation. 
{Arch. nal. 0-34.) 
 
On ne jouait pas seulement aux cartes, à la cour de Napoléon; les 
dames, les échecs et le loto dauphin y étaient aussi en faveur. 
 
Des livraisons faites par Biexnais, du 17 janvier au 2 octobre 1810, nous 
montrent par leur importance, le développement que prenaient ces 
jeux : 
- Six damiers en noyer, en merisier : 83 fr. — 
- Deux damiers d'acajou, avec dames d'ivoire vertes et blanches : 280 fr. — 
 
Deux échiquiers, dont un en ivoire et ébène et l'autre en acajou, avec 
incrustations, 170 fr. — Quatre jeux d'échecs ordinaires, 54 fr. — 
Quatre jeux d'écliecs, dont deux en bois de rose et deux en ivoire et 
ébène, 308 fr. — Une boîte de fiches en nacre de perle, les paniers 
en acajou et la boîte en bois de racine, 320 fr. — Cinq boites de fiches 
en ivoire, décor en réserve, 420 fr. — Quatre boîtes de fiches ordi- 
naires, 32 fr. — ■ Douze râteaux en bois de rose, avec cuillers dessus, 
pour loto dauphin, 144 fr. (Arch. nat. 0'34.) 
 
Bien d'autres mémoires de ce genre, qui nous échappent, furent 
présentés par Rienxais ; nous savons que, dès 1804, il livrait pour 
l'Empereur, à Fontainebleau, de riches tables de quadrille, des jeux 
de dauies et d'échecs et une boîte de fiches en ivoire teinté en réserve 
{Arch. nat. 0'o6T.) 
Source  
http://www.archive.org/stream/lesfournisseursd00mazerich/lesfournisseursd00mazerich_djvu.txt

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